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Histoire d’une statue

A Lucques dans la cathédrale de saint Martin il y a un monument, le monument funéraire de Ilaria Del Carretto, femme du seigneur de la ville. En fait, on sait peu ou rien à propos de cette jeune dame. Les sources directes racontent quelques choses de sa vie à Lucques  mais encore moins de sa vie chez son père Carlo, marquis de Savone. Elle est morte si jeune, laissant un mari aimant qui a fait graver dans la pierre la grande beauté de sa femme. Mais elle va très vite rentrer dans l’imaginaire de plus d’un artistes qui vont nous en parler encore, au point que grâce à elle Lucques vaut le détour.

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Sa vie

Ilaria Del Carretto était née en Ligurie en 1379, fille de Carlo del Carretto seigneur de Savona. La famille descendait du légendaire d’Aleramo,un combattant valeureux qui avait vécu vers 934 et dont la loyauté envers l’empereur romain d’Occident, avait fini par caractériser une longue série d’alliances avec tous les descendants avec la famille impériale. Carlo del Carretto, le père d’Ilaria, était un fier ennemi de la République de Gênes, qui cherchait à prendre possession de toute la région. Tandis que Paolo Guinigi, futur mari d’Ilaria, n’était pas un homme de nature belliqueuse, il préférait largement la diplomatie aux armes Il aimait la culture. C’était un célèbre collectionneur de manuscrits et de bijoux précieux dont l’achat coïncide avec son court mariage avec Ilaria del Carretto. Des cadeaux pour la jeune mariée?

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Son mariage

Le 26 janvier 1403, Ilaria del Carretto quitta définitivement sa ville pour se rendre à Lucques en vue de son mariage. Le voyage prit huit jours, elle arriva le 2 février 1403 et elle fut accueillie par Paolo Guinigi à quatre kilomètres de Lucques. Ilaria entra dans la ville accompagnée par son future mari et suivie par une longue et somptueuse procession. Le lendemain, le mariage fut célébré, elle avait 24 ans son mari la trentaine. Le repas de noces dura trois jours. Ensuite les jeunes mariés partirent quelques mois vivre à la campagne. Très visite, à leur retour à Lucques, Ilaria donna naissance à son premier fils, Ladislao, qui portait le nom de son parrain, le roi de Naples. A la fin de novembre 1405 elle mit au monde son deuxième enfant, une fille.

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La fin

La petite s’appelait comme sa maman. Ilaria del Carreto meurt quelques jours après l’accouchement,  le 8 décembre probablement de septicémie. Elle fut soignée par Ugolino da Montecatini originaire de la ville des thermes. De sa fille pendant des années, le silence, jusqu’au moment où elle fut mariée alors qu’elle n’avait pas 15 ans au doge à Gênes, qui lui par contre était déjà veuf. Tel était le triste sort des femmes, des pondeuses, qui mourraient fréquemment au point que les veufs étaient plus nombreux.

Le mari

Sa première femme Caterina Anteminelli quand elle meurt, elle était encore toujours “puella”, jeune fille. Sa deuxième femme est Ilarie del Carretto. Son troisième mariage  est avec  Piacentina de Camerino, qui lui donnera 5 enfants en 9 ans et elle meurt elle aussi d’accouchement. La quatrième femme est Jacopa da Fuligno elle aussi morte d’accouchement. Mais c’est pour sa deuxième femme que Paolo Guinigi a commandité le magnifique monument funéraire au sculpteur Jacopo della Quercia que vous pouvez admirer dans la cathédrale de saint Martin à Lucques. La beauté d’Ilaria fera voler le ciseau du sculpteur qui, en deux ans complète l’oeuvre. Puis il rentrera à Ferrera pour terminer la statue de Marie qu’il avait abandonnée pour exécuter le monument funéraire de Ilaria del Carretto.

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Vittorio Sgarbi

Voici une jolie considération que tire Vittorio Sgardi, critique d’art italien à propos d’Ilaria del Carretto: “C’était la première fois que je voyais quelque chose de semblable aux mots taillé dans la pierre. C’était la première fois que je ne reconnaissais pas la beauté d’une image, mais la possibilité qu’elle puisse vivre dans une image, s’enfoncer dans le marbre. … L’idole de pierre était là, immobile depuis cinq cent soixante ans et pourtant quand je l’ai vue la distance entre moi et elle devint courte et la mémoire de ces formes, émues et composées à la fois, m’accompagnent. Savoir qu’Ilaria est à Lucques m’a fait aimer Lucques plus que toutes les autres villes

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