Top
  >  Expositions   >  Giuseppe Terragni

Une exposition

Qui est Giuseppe Terragni. A la Faculté d’Architecture La Sapienza de Rome, depuis le 21 novembre jusqu’au 22 décembre on peut visiter une exposition itinerante, dont le titre est “Giuseppe Terragni: la guerra, la fine” (la guerre, la fin). Il s’agit d’un grand événement dédié au genie comasque du Rationalisme. Architecte extraordinaire et artiste sensible, Giuseppe Terragni est considéré le plus grand représentant du Rationalisme italien. Il réalise ses chefs-d’oeuvres et ses projets entre les deux guerres. La vie de Terragni est liée à Côme, ville frontière, incontournable pour les voyages internationaux. Par rapport à d’autres villes de province similaires, Côme bénéficie d’une situation artistique et culturelle privilégié: de nombreuses personnalités clés y séjournent ou y vivent au début du XXe siècle, dont Margherita Sarfatti, une femme d’un grand pouvoir en raison de ses liens étroits avec Mussolini, cultrice et mécène de l’avant-garde du début du XXe siècle.

Ecole maternelle Sant’Elia à Côme

Ecole maternelle Sant’Elia à Côme

C’est en 1927 que les quatre articles du « Gruppo 7 » (sept jeunes architectes qui se regroupent dans le but de renouveler l’architecture) sont publiés dans la revue « Rassegna italiana ». Ils seront considérés comme le manifeste du Rationalisme italien. L’atelier-laboratoire de Terragni, ouvert avec son frère Attilio, ingénieur, Rue Indipendenza à Côme, à partir de la période qui coïncide avec le début de la guerre, est un lieu de rencontre et de débat pour le groupe d’artistes et d’intellectuels, y compris les peintres Mario Radice, Marcello Nizzoli, Manlio Rho et Carla Badiali. Il y a aussi Pietro Lingeri, un ami et collègue cher, qui collaborera avec Terragni pendant la majeure partie de sa vie professionnelle. C’est là qu’ils entrent en contact avec le nouvel esprit qui se diffuse partout en Europe: le Costructivisme en Russie, le Bauhaus en Allemagne, les idées de Le Corbusier en Suisse et en France, Alvar Aalto en Finlandie.

L’ex Casa del fascio à Côme

L’ex Casa del fascio à Côme

A partir de 1930 le groupe frequente aussi la Galleria Il Milione de Milan, fondée par les frères Ghiringhelli avec Edoardo Persico, qui joue un rôle important dans la diffusion de l’art abstrait en Italie et des tendances les plus actuelles de l’architecture européenne. Parmi ses premières œuvres se trouve l’immeuble de cinq étages Novocomum (1927-1929) de Côme, réalisé à 23 ans et considéré aujourd’hui le premier édifice rationaliste d’Italie. Cette architecture en forme de « transatlantique » (comme on la définit) fut un scandale pour Côme, heureusement épargnée de la démolition. La Casa del Fascio (1932-1936) représente la première et complexe architecture « politique », une œuvre qui le consacre internationalement. L’architecte-artiste comasque croit en l’architecture comme expression de principes idéaux. Cette exposition est un véritable trésor, constituée de clichés inédits pris par Giuseppe Terragni pendant la guerre de Yougoslavie et la Campagne de Russie, auxquelles il fut appelé à partir de 1941 et dont il revint deux ans plus tard fortement prouvé, à tel point qu’il en mourut peu après. Ce qui est exposé est une coupe de ce monde, un patrimoine d’images qui n’a jamais vraiment été regardé jusqu’à aujourd’hui, mais seulement considéré pour sa valeur documentaire. En réalité chaque plan est presque une peinture, ce n’est pas la vision d’un simple soldat, mais d’un artiste en guerre.

Novovomum à Côme


Novovomum à Côme

Le visiteur a aussi l’occasion de lire certaines des lettres écrites à des amis tels que Luigi Zuccoli et Mario Radice. Et pour montrer comment, même de la pire des horreurs, la beauté peut naître de l’esprit imaginatif et sensible d’un artiste, sont également exposés les projets menés par Terragni en tant que soldat et au front. Parmi eux la Casa Giuliani Frigerio, le projet pour la Cortesella et celui pour la récupération de la Casa Vietti à Côme. Et encore la Casa del Fascio à Lissone, le Palazzo dei Ricevimenti e dei Congressi à E42 à Rome et sa dernière œuvre inachevée, le Projet pour une Cathédrale. Voici un souvenir de son ami Mario Radice: “Je n’ai connu personne, après Terragni qui a réussi à vivre comme nous vivions, complètement éloignés du monde des loisirs, du divertissement, du sport, des voyages, des vacances, du repos. On ne parlait que d’art…”  Venez découvrir ma régionContacts    rasannilla@gmail.com   +39 3391497231